Cinéma et audiovisuel : programme de Tle L

BO H.S. n°4 du 30 août 2001

L’enseignement de spécialité de Tle L poursuit la découverte des étapes de la réalisation cinématographique engagée en classe de première, en analysant les effets de sens du montage, considéré comme la « troisième écriture » du film.

Objectifs

Amener l’élève à :

  • maîtriser les principales notions d’image et de son ;
  • comprendre tous les enjeux esthétiques et sémantiques du montage ;
  • posséder une culture cinématographique riche.

Le programme se compose d’un ensemble commun obligatoire (correspondant au 3/4 de l’horaire annuel) et d’un ensemble libre (1/4 de l’horaire annuel).

L’ensemble commun obligatoire

Il comporte une partie consacrée à la pratique artistique du cinéma et une approche culturelle. Le programme de cet ensemble a pour objectif de mettre en évidence le rôle du montage et les différents effets de sens dont il est paré.

La pratique artistique

Elle consiste en la réalisation d’un projet cinématographique court mais complet. On doit y distinguer en particulier :

  • les intentions définies par le scénario ;
  • la force créatrice du montage.

L’approche culturelle

Elle porte sur deux objets d’étude :

Les principales étapes et théories du montage

Par exemple :

  • le plan unique des origines ;
  • le montage hollywoodien (Griffith) ;
  • les expériences du cinéma soviétique (Eisenstein, Vertov) ;
  • la place du montage chez certains cinémas d’auteur (Resnais, W. Allen, Godard, Rossellini, Kubrick) ;
  • la place du montage chez les grands documentaristes (Depardon, Flaherty) ;
  • le nouveau cinéma anglo-saxon (D.Lynch, D.Cronenberg, Q.Tarentino, A.Egoyan...) ;
  • le montage comme scénarisation du réel à travers l’œuvre de quelques grands documentaristes (R. Flaherty, C. Marker, J. Rouch, R. Depardon...) ;
  • le montage comme exploration plastique (P. Greenaway, Y. Pelechian, S. Bartas, J. Mekas, A. Sokourov...).

Les cinématographies contemporaines

Cette étude prolonge et complète celle qui, en première, a porté sur les grandes étapes et les principaux genres de l’histoire du cinéma et de l’audiovisuel. Elle s’attache aussi bien aux cinématographies contemporaines déjà reconnues qu’aux formes et genres relevant de la marge. Par exemple :

  • les pionniers de l’avant-garde ou de l’expérimentation comme E. Von Stroheim, J. Renoir ou J. Casavettes, A. Warhol ;
  • les nouveaux auteurs du cinéma asiatique ou méditerranéen (L. Chan, W. Kar Wai, T. Kitano, A. Kiarostami, ...) ;
  • les auteurs du Dogme (L. Von Trier, T. Vinterberg) ;
  • le renouveau français du cinéma de genre ;
  • les nouvelles tendances du cinéma baroque (A. Ripstein, E. Kusturica, P. Almodovar) ;
  • les nouvelles façons d’écrire et de tourner avec les outils numériques (« petites caméras » d’Arte) ;
  • les formes hybrides du nouveau cinéma européen, entre réel et fiction (K. Loach, R. Guédiguian, L. Cantet, J.-L. et P. Dardenne, B. Dumont), entre cinéma et multimédia (J.-L. Godard, C. Marker, ...).

L’ensemble libre

L’équipe de professeurs qui prend en charge cet enseignement choisit librement son déroulement. À titre d’exemple, l’équipe pédagogique pourra inviter les élèves à :

  • revenir sur un point complexe de l’ensemble commun obligatoire ;
  • approfondir l’approche théorique du cinéma : sa place dans la société, son statut par rapport aux autres arts... ;
  • élargir l’étude à d’autres enseignements du programme (en comparant par exemple l’écriture littéraire et l’écriture cinématographique, le fonctionnement des outils numériques...) ;
  • aborder, en guise de conclusion, l’accès aux métiers du cinéma.

Les compétences attendues

Compétences artistiques

Réinvestir dans une pratique personnelle tout ou partie des acquis des années précédentes.

Faire émerger une cohérence filmique au travers des étapes et des démarches de montage qu’il met en œuvre.

Être, au cours d’un montage, à l’écoute de l’autre, au service des images et des sons qui lui sont proposés, sans renoncer à défendre ses choix.

Justifier les contenus, la démarche et le sens de sa démarche de réalisation, en référence à des repères esthétiques, et en fonction de choix personnels.

Porter un regard critique sur son travail et sur celui des autres et d’apprécier le rapport entreintentions de départ et réalisations finales.

Compétences culturelles

Situer sa propre pratique de réalisation ainsi que les œuvres étudiées par rapport aux courants et ruptures les plus représentatifs de l’histoire du cinéma et de l’audiovisuel, notamment en relation avec les pratiques et les théories du montage.

Mesurer l’impact des innovations techniques sur la création cinématographique et audiovisuelle.

Maîtriser un vocabulaire technique et artistique approprié.

Avoir une démarche active de spectateur, de s’informer et de choisir parmi les propositions culturelles de son environnement.

Compétences techniques

Mettre à profit l’ensemble des connaissances et des outils techniques nécessaires à la réalisation d’un film.

Procéder aux différentes opérations du montage.

Compétences méthodologiques

Travailler de façon autonome et de s’insérer dans une équipe, au service d’un projet collectif.

Observer la diversité des aspects de l’écriture filmique et audiovisuelle tels que le montage les met en cohérence.

Mobiliser ses savoirs et savoir-faire pour les synthétiser dans un processus de création.

Développer une démarche d’analyse en faisant la part de son rapport personnel à l’œuvre et de critères plus objectifs.

Conduire des réflexions et des recherches qu’il sait exploiter et présenter à l’oral comme à l’écrit, en participant à un débat ou en développant un argumentaire.

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