Droit de grève et syndicalisme en France

En France, le droit pour les travailleurs d'interrompre leur activité afin d'exprimer leur mécontentement, et d'adhérer à des syndicats qui soutiennent leurs revendications, remonte à la deuxième moitié du XIXe siècle. Bien qu'acquis de haute lutte, le droit de grève est aujourd'hui de plus en plus contesté dans certains secteurs, comme celui des transports.

Les syndicats en France

Les syndicats sont des associations de salariés qui défendent leurs droits professionnels et ceux de leurs adhérents. Ils ont été institués par la loi Waldeck-Rousseau en 1884, dans le cadre des grandes lois sur les libertés fondamentales qui ont accompagné la proclamation de la IIIe République.

L'histoire des syndicats en France est très liée à celle du pays, en particulier sur le plan politique. En 1906, le mouvement syndical s'engage à conserver l'indépendance politique en toutes circonstances. Pourtant, la CGT (Confédération générale du travail) éclate en 1921 : une partie de ses représentants et adhérents, refusant l'idéologie communiste, s'en détache pour constituer un syndicat distinct. Réunifiée en 1936 sous l'impulsion du Front Populaire, la CGT se redivise au lendemain de la Seconde Guerre mondiale – la minorité non-communiste du syndicat prenant alors le nom de Force Ouvrière.

En France, on compte cinq confédérations syndicales (regroupements de syndicats) : la CGT, Force ouvrière, la CFDT, la CFTC et la CGC. Chacune a son orientation politique, ses priorités, et son passé. Le Medef (Mouvement des travailleurs) est en quelque sorte le syndicat des chefs d'entreprises, du "patronnat".

Le droit de grève

Autre droit fondamental issu des luttes ouvrières du XIXe siècle, le droit de grève a été reconnu en France dès 1864. Il est strictement réglementé par le Code du travail, qui limite les motifs d'arrêt et les revendications des grévistes. En principe, les jours de grève ne sont pas payés.

La France a connu de nombreuses vagues de grandes grèves. Toutes ont eu une répercussion politique et sociale importante, que ce soit au lendemain de la Première Guerre Mondiale, sous le gouvernement du Front Populaire (1936-1938), ou en Mai 1968.

Le dernier mouvement d'envergure s'est produit en 1995. Les transports parisiens ont été paralysés pendant un mois, provoquant une vague de protestations chez ses utilisateurs. Les grèves dans le secteur des transports sont récurrentes, car les conditions de travail y sont difficiles, et les acquis sociaux (comme par exemple la retraite anticipée) constamment remis en question. Depuis quelques années, les usagers des transports en commun sont partagés entre leur solidarité avec les salariés et une certaine lassitude.

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