La philosophie, une tournure d'esprit singulière

La philosophie ne se définit pas comme un simple savoir, mais comme une attitude intellectuelle face aux discours, aux événements, aux savoirs et aux pratiques. C'est pourquoi Kant disait : « On n'apprend pas la philosophie, on apprend à philosopher ».

Une attitude intellectuelle

Il s'agit d'appréhender les réflexions quotidiennes autrement que nous le faisons naturellement. La philosophie consiste en une tournure d'esprit particulière qui exige une méfiance à l'égard des évidences et des vérités universelles. L'attitude adoptée par le philosophe est nourrie de doute et de vigilance qui l'amènent à approfondir et à remettre en question les vérités toutes faites. Il s'agit donc d'atteindre une sorte de « majorité intellectuelle » (Kant), c'est-à-dire le sens de la responsabilité intellectuelle qui permet d'acquérir sa propre faculté d'analyse sur le monde.

Des difficultés à surmonter

Le premier obstacle au bon exercice de cette « majorité intellectuelle » tient à la nature même de la tâche : comment exercer son esprit critique sur des préjugés  ? En d'autres termes, comment s'attacher à démonter des pensées toutes faites auxquelles on a soi-même spontanément adhéré avant d'y appliquer sa démarche philosophique  ?

Par ailleurs, le philosophe doit garder une certaine forme d'humilité et ne pas attribuer à son analyse une valeur péremptoire. Le philosophe n'impose pas sa démonstration. En effet, si sa réflexion, dont la formulation doit être argumentée et réfléchie, n'est pas susceptible d'être débattue, c'est qu'elle a sombré à son tour dans l'abîme du préjugé.
 

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