Le journalisme

Depuis bientôt deux siècles et la parution des premiers journaux à grands tirages, le métier de journaliste fait rêver. La littérature du XIXe siècle et le cinéma du XXe siècle ont largement participé à la naissance de cette mythologie. Mais quelle réalité se cache derrière le mythe ?

Naissance d'un mythe

C'est au début du XIXe siècle que naît la figure mythique du journaliste. L'appellation « journaliste », qui désignait auparavant le fabricant du journal, se généralise pour nommer celui qui écrit les articles. On doit cet essor aux romans-feuilletons qui sont les premiers textes littéraires à populariser la figure du « reporter ». La raison est simple : plusieurs écrivains occupent à cette époque des fonctions de rédacteurs dans les journaux. Les Illusions Perdues de Balzac et Bel-Ami de Maupassant dépeignent un journaliste dandy et coureur de jupons, voire arriviste et un peu escroc.

L'avènement de la République, avec ses lois sur la liberté d'expression, et la défense du capitaine Dreyfus par Zola dans L'Aurore en 1895 transforment cette image du journaliste. Le métier devient citoyen : l'information des lecteurs prend le dessus sur les paillettes.

Le journaliste poursuit sa mue "héroïque" au XXe siècle. Les romans de Conan Doyle et la bande dessinée Tintin lui assurent une réputation d'aventurier casse-cou mais vertueux. Le cinéma prend le relais, avec des films tels que La Femme à abattre de Raoul Walsh et, beaucoup plus proche de nous, les Hommes du président d'Alan Pakula. Ces fictions immortalisent la figure du journaliste déterminé et libre qui, s'affranchissant souvent des mises en garde de sa hiérarchie, se transforme presque en détective et va jusqu'à déjouer les pièges tendus à la nation.

La face cachée du métier

Cette vision spectaculaire et consensuelle du métier est loin des réalités. Au jour le jour, le journaliste vit avec la contrainte du bouclage (surtout quand il travaille pour un quotidien), loin des idéaux et des fonctions de justicier que lui ont souvent prêtés les oeuvres de fiction. Il doit rendre compte de façon claire et avec neutralité des faits de l'actualité politique, sociale, économique, sportive.... La ligne éditoriale, définie par le rédacteur en chef, est en général assez rigide. Le travail d'écriture est soumis aux règles de la rigueur et de l'efficacité : les effets de style y sont rares, sauf dans le cas de la presse d'opinion ou des billets d'humeur.

Des considérations pratiques doivent également être prises en compte. Les journalistes ont souvent un emploi du temps décalé (les bouclages peuvent s'effectuer très tard dans la journée) et instable. Ils peuvent à tout moment être envoyés en reportage ou mobilisés à plein temps pour tel ou tel évènement. Autant de contraintes parfois difficiles à concilier avec une vie de famille.

Enfin, c'est un des métiers où les débuts sont les plus difficiles. L'opiniâtreté et le culot sont vivement recommandés. Il faut parvenir à se faire remarquer à l'occasion d'un stage, étape incontournable mais rarement rémunérée de l'apprenti journaliste.

Les formations

Si les plus anciens vantent les vertus de l'apprentissage « sur le tas », il est aujourd'hui recommandé de se présenter aux écoles de journalisme reconnues par l'État. Celles-ci sont peu nombreuses et la sélection, très sévère, s'effectue sur concours. Il est souvent indispensable d'être diplômé Bac+3 pour y être admis. On peut citer :

    * le Centre de Formation des Journalistes (CFPJ, Paris)
    * l'École Supérieure de Journalisme (ESJ, Lille)  
    * le Celsa (École des hautes études en sciences de l'information et de la communication, Paris-Sorbonne IV)
    * l'Institut Pratique de Journalisme (IPJ, Paris).

Une bonne culture générale, un suivi régulier de toute l'actualité, des capacités de rédaction hors-pair et un bon niveau d'anglais sont requis.
 

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