Le rôle des médias dans les démocraties

Le médias désignent l'ensemble des moyens d'information  existants (presse écrite, radio et télévion). Ils constituent ce que l'on appelle le« quatrième pouvoir » . L'expression n'est pas exagérée : dans les sociétés modernes, les médias agissent à la fois sur l'opinion publique et sur le monde politique. Quels sont les ressorts de cette puissance ?

Un gage de démocratie

Il suffit d'observer avec quelle efficacité les dictatures s'emploient à contrôler et utiliser les médias à des fins de propagande pour comprendre le rôle des organes d'information dans les démocraties modernes.
Leur indépendance par rapport au pouvoir politique est un gage de démocratie, dans le sens où elle garantit que l'information n'est, en principe, soumise à aucune censure.
Par ailleurs, elle est censée rester neutre politiquement. Par exemple, en période électorale, tous les vecteurs d'information doivent respecter un temps de parole égal pour chacune des formations électorales invitées à s'exprimer.

Pouvoir ou contre-pouvoir ?

Les journaux, les radios et la télévision ont le pouvoir considérable d'influer sur l'opinion publique.
Ils sont également considérés comme un contre-pouvoir par opposition aux gouvernements politiques en place. Il est en effet de plus en plus courant que les médias dévoilent des affaires que les représentants des pouvoirs exécutif, législatif et judiciaire auraient souhaité voir étouffées.
L'un des scandales les plus célèbres ainsi provoqués est celui du Watergate, au début des années 1970 : des journalistes du Washington Post ont contraint le président Nixon à démissionner après avoir découvert un système d'écoute mis en place par des membres de son parti dans les bureaux de leurs adversaires politiques.
Plus récemment en France, c'est le Journal Le Monde qui a ébranlé la scène politique en révélant au public un extrait vidéo mettant en cause Jacques Chirac dans l'affaire du financement occulte de son parti, le RPR.

Des crises et des remises en cause

Ce pouvoir considérable de la presse entraîne inévitablement des dérives : il est tentant pour les dirigeants, y compris ceux des États dits démocratiques, de l'utiliser afin de contrôler l'opinion publique. Lors de la Guerre du Golfe en 1991, le gouvernement américain a soumis la presse de son pays, à commencer par la chaîne d'information CNN, à un contrôle strict de l'information. C'est ainsi que le nombre de victimes civiles du camp ennemi a été sciemment sous-estimé, de même que le nombre de soldats américains tués ou encore le danger engendré par l'usage de l'armement chimique.

Plus récemment, lors des élections présidentielles françaises de 2002, il a été reproché aux médias, et en particulier à la télévision, d'avoir facilité le passage au second tour du Front National en évoquant inlassablement le thème de l'insécurité durant la période électorale.

En 1998, un sondage effectué par la Sofres montrait que moins d'un Français sur deux donnaient foi aux informations divulguées à la télévision. Cette méfiance marquée envers le petit écran est paradoxale dans la mesure où celui-ci semble de plus en plus présent dans le vie des individus. Elle est pourtant légitime.
 

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