Les adaptations d'œuvres littéraires au cinéma

Le cinéma a largement puisé sa matière dans la littérature. Si certaines adaptations sont devenues de nouveaux chefs d'œuvre, d'autres, au contraire, ont été des échecs. Ce fonds littéraire fait souvent partie du domaine classique, mais certains grands succès du cinéma sont au contraire les adaptations d'œuvres plus récentes.

Les adaptations d'œuvres françaises

La littérature classique a constitué très tôt une source d'inspiration idéale pour le cinéma français. Certains personnages se sont d'ailleurs attaché les traits des comédiens qui les ont incarnés. C'est ainsi que Julien Sorel, le héros de Stendhal, a pris pour beaucoup le visage de Gérard Philippe (Le Rouge et le Noir de Claude Autant-Lara, 1954) et le docteur Knock imaginé par Jules Romains porte le masque grave de Louis Jouvet.

Toutefois, la référence à une œuvre classique n'est pas un gage de réussite sur le grand écran. Par exemple, l'adaptation des Liaisons Dangereuses de Laclos par Roger Vailland en 1960 n'a gardé que la substance libertine du roman, pour en faire une simple histoire de coucheries exsangue de toute la subtilité de l'œuvre originelle.

Il est en fait difficile d'innover en adaptant. Eric Rohmer y est néanmoins parvenu. Citons la Marquise d'O (1976), où le réalisateur a réussi à transposer le récit elliptique du viol imaginé par Kleist en mettant en place un travelling avant très rapide sur l'œil de son personnage.

Les transformations ne sont pas uniquement d'ordre esthétique. Par exemple, les studios Disney ont éliminé le contenu sanglant de Notre-Dame de Paris de Victor Hugo pour en faire un dessin animé (Le Bossu de Notre Dame, 1997). De même, le réalisateur allemand Fritz Lang fut obligé de réinventer la fin deLa Bête Humaine de Zola pour pouvoir l'adapter au cinéma américain, car aucune ligne américaine de chemin de fer n'avait accepté de voir filmer un accident sur ses voies.

Les adaptations d'œuvres anglaises.

Parmi les adaptations cinématographiques des grands classiques anglais, il faut citer Shakespeare, le plus classique des classiques, qui fut une source d'inspiration inestimable pour les plus grands réalisateurs. Au choix, Othello d'Orson Welles (1952), Julius Caesar de Joseph Mankiewicz (1953), Much About Nothing de K. Brannagh (1993).

Les fresques romantiques de Jane Austen ont également constitué, ces dernières années, une source idéale pour l'adaptation à l'écran. Citons Sense and Sentibility par le réalisateur Ang Lee en 1995, et Emma (par Douglas Mac Grath, 1997) et Pride and Prejudice (par S. Langton) en 1996.

En fait, la majorité des grands auteurs ont été traduits à l'écran, de Kipling (The Man Who Would be King de John Huston en 1975) à Graham Greene (The Third Man de Carol Reed en 1949), en passant par Edward Morgan Forster (A Room With a View par James Ivory en 1985.)

Les adaptations d'œuvres américaines

Les personnages du théâtre de Tennessee Williams ont été interprétés par les plus grands comédiens de Hollywood et filmés par les plus prestigieux réalisateurs. Elia Kazan a par exemple fait appel à Marlon Brando pour jouer A Streetcar Named Desire (1954), Joseph Mankiewicz à Montgomery Clift et Elizabeth Taylor pour Suddenly Last Summer (1959), R. Brooks à Paul Newman dans Cat on a Hot Tin Roof (1958).

Aujourd'hui, le cinéma américain privilégie plutôt la littérature contemporaine. Par exemple, L.A. Confidential (Curtis Hanson, 1997) est à l'origine un roman de James Ellroy et Brooklyn Boogie (1995) et Smoke du réalisateur Wayne Wang sont des romans de Paul Auster.

Par ailleurs, certains genres comme la science-fiction se prêtent particulièrement à l'adaptation cinématographique. C'est ainsi que l'œuvre de Stephen King a été presque intégralement reprise sur le grand écran et par les plus célèbres réalisateurs : Brian de Palma pour Carrie (1976), Stanley Kubrick pour Shining (1980)

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