Lire des romans historiques

Le roman historique s'inscrit dans un genre littéraire qui emploie l'Histoire comme fil conducteur : le récit s'ancre dans un contexte historique que le romancier s'approprie et restitue librement.

Un genre hybride

Comme son nom l'indique, le roman historique conjugue la littérature et l'Histoire, la fiction et le réel. Le genre romanesque utilise des fragments historiques pour donner au récit une vraisemblance destinée à garantir l'adhésion du lecteur.
Certains auteurs utilisent ainsi l'Histoire d'une manière extrêmement libre dans leurs romans, à commencer par Alexandre Dumas (Les Trois Mousquetaires, Le Comte de Monte-Cristo, publiés en 1844, ou encore La Reine Margot, 1845).

La grande époque du roman historique se situe au XIXe siècle, avec les oeuvres de Walter Scott (Ivanohé, 1820), d'Honoré de Balzac (Les Chouans, 1834), d'Alexandre Dumas, ou encore de Léon Tolstoï (Guerre et Paix, 1863). Victor Hugo (Notre-Dame de Paris, 1831), Théophile Gautier (Le Roman de la momie, 1858) et Gustave Flaubert (Salammbô,1862) mettront également leur génie au service de ce genre littéraire.

Le contrat de lecture

Le « contrat de lecture » designe un ensemble de règles implicitement établies entre lecteurs et auteurs ; ces règles définissent les grandes lignes de la structure des textes littéraires, en fonction du genre particulier dans lequel ils s'inscrivent.
En ce qui concerne le roman historique, le contrat de lecture présuppose, notamment, que le héros doit pouvoir modifier par ses actions le cours de l'Histoire : l'auteur a donc la possibilité de prendre par rapport à celle-ci des libertés considérables.
Personnage fictif nécessairement hors du commun, le héros de roman historique s'ancre néanmoins dans un contexte réaliste. Malgré l'éventuelle démesure de ses actes, il est toujours représentatif d'une époque, d'une culture, d'un groupe social, que le récit de ses aventures permet à l'auteur de dépeindre. Par exemple, derrière la fresque monumentale de Guerre et Paix, se dessine le portrait réaliste de deux familles russes au temps de l'Europe napoléonienne.

Au XXe siècle

Longtemps et abondamment décrié par une certaine intelligentsia en raison de sa nature hybride, et des licences qu'il se permet de prendre vis-à-vis de l'Histoire, le roman historique a pourtant connu depuis le XIXe siècle un succès populaire jamais démenti.
Au XXe siècle les oeuvres de Michel Zevaco ( Les Pardaillans, 1907), d'Anatole France (Les Dieux ont soif, 1912) de Jules Romain (Les Hommes de bonne volonté, 1932-1946), de Marguerite Yourcenar (Les Mémoires d'Hadrien, 1951, L'Œuvre au noir, 1968) ou encore d'Umberto Eco (Le Nom de la Rose, 1980) perpétuent le genre.

Quelques ouvrages sur le sujet

Georges Luckàcs, Le Roman historique
Éditions Payot, 1965.

Yvon Allard, Le Roman historique : Guide de lecture
Éditions du Préambule, 1987.

Bertrand Solet, Le Roman Historique : invention ou vérité ?
Éditions Le Sorbier – Jeunesse, 2003.
 

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