Mener une argumentation en philosophie

Il n'existe pas de plan type pour mener une argumentation. Cependant, on peut établir un schéma d'étapes-clés par lesquelles le développement doit passer.

Ces étapes doivent permettre d'énoncer une réponse justifiée à la question posée ou à parvenir à la conclusion. Celle-ci consiste souvent à affirmer qu'il n'existe pas de réponse péremptoire à la question posée... Voici les « passages obligés » valables pour tout devoir de philosophie, qu'il s'agisse d'une dissertation ou d'un commentaire de texte.

Introduire son argumentation

L'introduction consiste à poser et à analyser le sujet, afin de définir le problème qu'il soulève. On s'interroge sur l'origine de la question et sur sa signification. À partir de la réponse, on établit un plan puis une transition rapide vers le développement.

Prenons le sujet « La violence est-elle un mal nécessaire  ? ». La question peut se comprendre de la façon suivante : Fait-on usage de la force pour imposer sa domination ou parfois simplement pour se faire reconnaître en portant atteinte aux personnes ou aux biens ? La violence est-elle inéluctable? Ou bien est-elle contingente avec tous les malheurs qu'elle engendre ? Rechercher l'origine de la violence doit permettre de décider quelle approche est la plus pertinente.

Organiser le développement

L'objet du développement est d'examiner les thèses significatives que l'on peut énoncer. Cet examen s'opère en deux ou, mieux encore, en trois étapes.

On analysera dans une première étape les rapports que la violence entretient avec la nature. On examinera pour cela la thèse qui soutient que la violence est un mal nécessaire parce qu'elle provient de la nature elle-même, (domaine du nécessaire, de ce qui est déterminé). Après avoir établi les limites de cette thèse, à partir d'exemples ou d'arguments logiques, on conclura qu'il est impossible de trouver dans la nature l'origine de tous les actes de violence.

Ce constat conduit à la deuxième étape au cours de laquelle seront examinés les rapports entre la violence et l'histoire. L'histoire désigne le domaine de ce qui change et qui, sans être totalement contingent, aurait pu être autrement. Comme précédemment, on convoquera la thèse et son argumentation pour en déterminer le bien-fondé et les limites. On constatera alors que si la violence et le mal qui en découle peuvent trouver leur origine dans les conditions historiques et sociales, l'histoire et l'état des rapports sociaux ne suffisent pas à rendre compte de tous les actes de violence.

Ceci conduira à la troisième étape, au cours de laquelle l'étude sera centrée sur les rapports entre la violence et la liberté. Quel crédit est-il possible d'accorder à la thèse qui fait dériver tout acte de violence d'un libre choix de la volonté et voit dans la méchanceté ou la perversion le principe de la violence ? Les arguments susceptibles d'étayer un tel énoncé sont multiples, qu'ils proviennent de l'actualité, de la production philosophique, psychanalytique ou littéraire. Cette thèse pourrait aboutir à une conclusion optimiste en apportant une réponse négative à la question posée. Mais elle se révèle, elle aussi, impuissante à régler seule le problème de l'origine de la violence : nous pouvons être violents « malgré nous ».

Conclure

La conclusion ne doit pas être bâclée ! Il est recommandé de la rédiger au brouillon, avant même d'entreprendre la rédaction du développement.

Dans notre cas, on pourrait clore notre réflexion en disant que dans l'incapacité où nous sommes d'assigner une seule origine à la violence, nous ne pouvons répondre à la question posée. La part de déterminisme naturel, social ou historique et la part de liberté à l'oeuvre dans les actes de violence restent inassignables.

Utilisation des exemples, des références et des citations.

Les exemples ont une fonction d'illustration. Ils mettent un accent pratique à ce que l'on a énoncé et parlent plus à l'imagination qu'à l'entendement ; mais ils ne peuvent fonder une idée ni incarner une vérité à eux seuls. Il ne faut donc pas en abuser, ni s'en servir comme pis-aller.

Les références aux grands auteurs sont du meilleur effet dans un devoir. Une règle s'impose : savoir de quoi on parle, en d'autres termes, ne pas utiliser un auteur ou une théorie à tort et à travers. La référence doit être pertinente et accompagnée d'un commentaire judicieux.

On peut pousser la référence jusqu'à ne citer que l'auteur, mais les citations, mises en exergue entre des guillemets, ne doivent être ni tronquées, ni déformées, ni... inventées.
 

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