Option Danse : programme de Tles toutes séries

BO H.S. n° 4 du 30 août 2001

L’enseignement de la danse au lycée se situe au croisement du champ artistique et de l’éducation physique et sportive. Il comporte une composante pratique et une composante culturelle :

  • composante pratique : l’enseignement de la danse engage l’élève dans une triple formation de « danseur-interprète », « compositeur » et « spectateur » ;
  • composante pratique : l’étude de trois œuvres choisies (leurs problématiques, leurs influences sur la vie chorégraphique, ainsi que leurs richesses propres).

Objectifs

Amener l’élève à :

  • réfléchir sur le rôle du corps comme outil de création et de pensée ;
  • questionner et à problématiser les repères acquis en s’interrogeant particulièrement sur le geste.

Le programme se compose d’un ensemble commun obligatoire (correspondant au 3/4 de l’horaire annuel) et d’un ensemble libre (1/4 de l’horaire annuel).

L’ensemble commun obligatoire

L’approche artistique

Cette approche articule observations et questionnements sur les différentes occurrences du geste et les perspectives d’activités auxquelles elles donnent lieu. 
Elle conduit à se poser les questions suivantes :

  • Comment produire ces occurrences ?
  • Dans quel champ les prélever ?
  • Comment les déplacer, les décontextualiser, les transformer, les remplacer ?

Deux axes d’étude seront envisagés.

Le vocabulaire gestuel :

  • le prélèvement du geste : dans la vie quotidienne, le groupe de classe, les relations familiales et sociales, la pratique d’un métier, mais aussi les spectacles vus ;
  • l’analyse du geste : rythme et dynamiques, directions et orientations ; le transfert de poids, le rapport au sol, les parties du corps concernées ; l’aspect mono, bi et tridimensionnel du geste ;
  • le traitement du geste, envisagé par chacun dans sa propre pratique, mais aussi dans celle de l’autre.

Les syntaxes du geste :

  • dans la culture urbaine : la trame urbaine, le dédale, les danses urbaines, etc.
  • dans les lois du groupe : circulation et rythmes dans l’établissement, lors des rencontres sportives, dans le travail à la chaîne, dans les grands rassemblements, etc.
  • dans la culture traditionnelle : rituels festifs, danses, etc.
  • dans l’environnement naturel et humain : vol des oiseaux, dispersions et regroupements sociaux, etc.

L’approche culturelle

Cette approche conduit les élèves à étudier les langages chorégraphiques auxquels ils ont accès par leur environnement artistique et culturel (programmations locales, ressources documentaires, programmes télévisuels, musées...), mais aussi social (observation des espaces publics et privés). Ils seront ainsi amenés à :

  • repérer, dans l’histoire des différentes sociétés, les partis pris corporels en relation avec la culture du groupe, leur diffraction ou métissage dans la société multi-ethnique ;
  • réfléchir sur les postures et les gestes transmis ou inventés ;
  • revisiter l’histoire des corps producteurs de travail, les juridictions et discours auxquels ils sont confrontés (surveillance des corps, distribution des genres féminin/masculin) ;
  • questionner la conformation des corps par la mode, la publicité, ainsi que l’effet des différents modèles imposés (dans le cadre, par exemple, de pratiques telles que le « stretching », l’« aérobic » ou le « steps ») ;
  • rechercher les influences de ces partis pris culturels et sociaux, de ces modélisations et de ces questionnements du corps sur les pratiques et productions chorégraphiques – par exemple, dans les danses urbaines et traditionnelles.

L’ensemble libre

L’équipe pédagogique dispose librement de cet ensemble, en tenant compte du niveau et du goût des élèves ainsi que des ressources de l’établissement. On pourra par exemple revenir sur une partie du programme, examiner des textes théoriques sur l’art, aborder de nouvelles questions, engager une reflexion sur le programme en le situant dans l’ensemble du cursus de danse...

Il est également envisageable d’entrer en relation avec les autres disciplines artistiques enseignées au lycée (par le biais des TPE notamment), de se rendre à des festivals, de rencontrer des professionnels...

Méthodologie

L’étude du geste renvoie à deux directions de travail : le recyclage des gestes prélevés, ceux du quotidien, du travail (approche anthropologique du geste...), et l’expression et l’interprétation personnelles (personnalisation, inconscient...).
Le travail mené en cours permet aux élèves :

  • de passer d’une approche sémantique des éléments abordés à une approche critique ;
  • de relier activités et débats afin de réfléchir et de fonder leur pratique chorégraphique et leur analyse sur des problématiques identifiées dans les œuvres de la programmation locale, et sur les thématiques proposées par l’enseignement de philosophie ;
  • de continuer de s’approprier les outils d’observation, d’analyse, de connaissance des pratiques et des œuvres afin notamment de pouvoir les utiliser dans leurs propres productions chorégraphiques.

L’approfondissement des acquis artistiques de l’année de Première s’effectue par le biais :

  • du travail expérimental d’atelier ;
  • de l’étude des fragments de répertoire ;
  • des cours et conférences qui situent le langage chorégraphique dans des questionnements et des perspectives artistiques, techniques, sociales et historiques ;
  • de la rencontre des auteurs sur leur lieu de création et de diffusion ;
  • de débats initiés par des questions fondamentales posées en philosophie, en sciences humaines et dans les autres arts.

Les compétences attendues

Compétences artistiques

Prélever un geste spécifique dans son environnement quotidien comme dans les spectacles vus, et l’intégrer à sa propre danse.

Analyser les différentes composantes de ces gestes : rythme et dynamiques, directions et orientations, transferts de poids, rapport au sol, circulations et points d’initiation du mouvement.

Détourner un geste fonctionnel prélevé dans l’espace public ou privé de manière à l’inclure dans un fragment simple.

Intégrer à sa composition, par imprégnation et répétition, un ou plusieurs gestes transmis, proposés par le groupe.

Compétences culturelles

Mettre en relation les modes de traitement du geste prélevés dans différentes pièces chorégraphiques.

Confronter partis pris et esthétiques qui en découlent.

Restituer les partis pris artistiques, les pratiques et les productions chorégraphiques, en fonction des facteurs culturels et sociaux, des modélisations et des questionnements du corps.

Rendre compte des postures et gestes transmis ou inventés dans la peinture et la sculpture.

analyser les transformations de son propre mouvement dans l’appropriation des gestes des danses traditionnelles et/ou de la culture urbaine.

Compétences techniques

Proposer de nouvelles gestuelles.

Intégrer et transformer son propre mouvement en fonction des expérimentations vécues.

Prélever et proposer les conditions de transformation du geste vers des caractéristiques particulières : saboté, entravé, stéréotypé, organique, économique, orienté.

Reconstituer le contexte social et/ou culturel d’un geste (exemples : le geste civilisateur économique dans le travail à la chaîne, le geste efficace de la trame urbaine, le geste entravé dans la mode et la publicité, saboté ou radicalisé dans la danse, etc.).

Compétences méthodologiques

Rendre compte des éléments caractéristiques de la transformation d’un geste.

Élaborer des outils d’analyse permettant d’améliorer son propre registre et/ou celui des autres.

Utiliser ou de proposer différents supports permettant la transposition de cette démarche à d’autres univers artistiques.

Analyser les éléments de décontextualisation d’un geste (exemple : par l’intensification ou l’atténuation d’un facteur du mouvement).

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