Savoir utiliser un exemple en français

L'exemple est un élément essentiel de toute démonstration. Concret et précis, il illustre les arguments abstraits et généraux qui constituent souvent les paragraphes. Il est possible de commencer par l'exemple et d'en tirer l'idée, mais il est tout aussi fréquent de démontrer avant d'illustrer, l'exemple devenant alors une mise en valeur pratique.

Comment introduire un exemple

Il faut éviter les présentations banales et proscrire des devoirs les formules telles que ...comme par exemple Racine. Tout exemple doit être justifié par la nécessaire illustration de ce qui vient d'être énoncé ou de ce qui va l'être. Le lien entre l'exemple et les propos qu'il illustre doit être explicite.

Le plus difficile, comme ici dans cet exemple, consiste à sélectionner les éléments de la citation qu'il faut conserver pour ne pas perdre le lecteur dans de longs développements inutiles ou, au contraire, l'empêcher de tirer le moindre bénéfice du propos par une présentation trop vague et trop rapide :

Il est impossible de nier l'effet comique de la répétition chez Molière. En effet, quel spectateur pourrait rester insensible au « sans dot ! » d'Harpagon dans l'Avare ou au célèbre « qu'allait-il faire dans cette galère ? » des Fourberies de Scapin ?

Rattacher directement l'exemple à l'idée et en extraire seulement les détails significatifs sont un moyen efficace d'éviter de lasser son destinataire. Il est alors inutile de signaler lourdement qu'il s'agit d'un exemple, le lecteur le comprendra aisément.

Analyser un exemple

Tout développement inutile est à éviter : résumer un livre entier risque d'égarer le destinataire. À l'inverse, se satisfaire d'une simple allusion ne permet pas d'utiliser au mieux la référence introduite. Il convient donc de trouver un juste milieu en ne retenant que les éléments qui se rapportent avec évidence à l'idée exposée. On évitera ainsi de se retrouver hors sujet ou de s'égarer dans des digressions sans intérêt.

Prenons le développement de l'idée suivante : La répétition, poussée à l'extrême, crée des effets comiques qui désamorcent totalement toute tentation tragique. Elle pourra être illustrée ainsi :

Molière, dans le Malade imaginaire, nous brosse le portrait d'un homme qui, se croyant réellement malade et effrayé par la mort, pourrait inspirer pitié et compassion au spectateur. Quelques scènes, toutefois, viennent corriger cette impression. Toinette, déguisée répétant sans cesse « le poumon » ainsi que les colères répétitives d'Argan qui prouvent, a contrario, sa bonne santé, rassurent la salle et la poussent à rire.

Référencer un exemple

Une fois que vous avez choisi l'exemple le plus approprié à votre démonstration, vous devez en donner les références. Plus celles-ci seront précises, plus il sera facile au lecteur de retrouver les passages ou les anecdotes cités. On indiquera le titre de l'oeuvre, on rappellera le nom de l'auteur et, éventuellement, on proposera d'autres points de repère utiles.

Mieux vaut éviter d'accumuler toutes les références dans la même phrase : ...comme Molière qui se moque des médecins dans le Malade imaginaire, au XVIIe siècle... Ces informations peuvent être réparties dans des phrases distinctes.

Les références essentielles seront citées en priorité  ; les autres seront ajoutées en fonction de l'opportunité. L'importance du sujet sera relevée : La satire des médecins est un thème particulièrement traité au XVIIe siècle. Puis l'auteur sera introduit : Molière s'est beaucoup intéressé aux médecins... Enfin les références sur lesquelles on veut particulièrement s'appuyer seront détaillées : ...dont il montre l'ignorance, la bêtise grâce à des personnages comme les Diafoirus, père et fils dans le Malade imaginaire.

Seules les informations essentielles la démonstration doivent être retenues : les dates biographiques des auteurs cités ou les mentions telles que ...grand auteur français du XVIIe siècle... sont le plus souvent inutiles.

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